"La recherche fugace du temps qui passe." Andy Rankin

lundi 3 mai 2010

L'infirmière de nuit.

Chaque jour, elle se levait à deux heures de l’après-midi. Elle avait travaillé toute la nuit. Ses vêtements étaient trempés de sueur, elle se réveillait comme abattue de son propre sommeil, pourtant celui-ci devait être réparateur. C’est alors que péniblement elle s’expulsait de son lit. Et la tête empourprée encore de fatigue, elle se préparait une petite collation pour lui permettre de s’éveiller complètement. Elle était infirmière de nuit, ce travail de forcené, qu’elle exerçait afin de mieux s’occuper de ses enfants dont deux étaient encore en bas âge.

Tous les jours, et sans relâche, elle quittait sa famille aux alentours de vingt et une heures, montait dans sa voiture, démarrait, partait jusqu’à l’Hôpital de la ville pour reprendre son service. Toute la nuit, elle s’occupait des patients tassés dans ces pauvres chambres. Souvent, elle s’asseyait dans la pièce réservée au personnel et soupirant doucement, elle fixait la monotone trotteuse de la pendule indiquant les heures tardives. Ses collègues faisaient de même et c’était toute une petite bande triste qui travaillait pendant que d’autres dormaient profondément. « L’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt », cette expression, pourtant si célèbre, ne leur convenait guère. Certains se plaignaient de ces horaires atroces qu’on leur avait infligés. D’autres calmes, ne se laissaient pas entendre et travaillaient sans parler, mais ne pensaient pas moins à cette polémique. L’infirmière évoluait donc dans les couloirs et dans l’odeur fétide de l’immense hôpital. Elle surveillait les nuits, aidait quelques patients réticents au sommeil, améliorait le confort de certains, soignait les nouveaux venus, bref., elle était au service de cette petite communauté qui n’était pas au paroxysme de sa forme physique.

Et ce sont dans les ténèbres de cette lourde nuit qu’elle travaillait, seulement l’été, où elle pouvait apercevoir le soleil couchant ou levant, c’était toujours plus agréable que l’atroce hiver. Et vers sept heures du matin, elle débauchait, en faisait le chemin inverse avec sa voiture, elle rentrait chez elle, réveillait ses drôles et les emmenait à leur école. Avant de revenir et, sur son lit, de sombrer dans un profond sommeil, sous le merveilleux soleil matinal.

Après une nuit d'hôpital dans la pénombre des lumières artificielles.

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