"La recherche fugace du temps qui passe." Andy Rankin

lundi 17 mai 2010

6 Juin 1944

Désemparé, le soldat restait courbé au fond de cet immense engin qui flottait sur l'eau. Le brouillard était aveuglant, il apercevait à peine ses coéquipiers qui restaient silencieux dans les fracas de vagues sur la coque. Son heure approchait. Il était vêtu d'un ensemble de camouflage, d'un casque vulgaire qui lui avait été donné au départ, aux États-Unis d'Amérique, bien loin de sa position actuelle. Le tout était orné de belles grenades, d'un excellent Colt, d'un somptueux Thomson et d'un fusil à visée longue portée. Le reste : boussole, sac léger, et quelques effets personnels pendait autour de son pauvre être. Tout à coup, au loin il entendit les premier sifflements de balles. Le pauvre s'offusqua en même temps que ses compagnons de guerre. Le commandant cria : "Nous approchons de la zone de départ, tenez vous prêts !". Le ciel de cendre envahissait le ciel pendant que, peu à peu, le brouillard se désaipaissisait pour laisser entrevoir les lignes ennemies. La troupe allait s'échouer sur la plage d'Omaha Beach, au nord d'un pays inconnu. Le soldat avait peur, mais gardait son sang-froid et avec une force de courage triomphale, il resta maître de ses émotions et levant un peu la tête pour reprendre un peu de dignité, il vit siffler un projectile tout prêt de son oreille gauche. Pris de terreur, il tenta de se calmer mais en vain, il s'était fait prendre, il allait arriver sur ce banc de sable comme un crabe sort de l'eau, dévêtu de tout courage et pénétré par le malaise atroce de l'ennemi. Deux à trois minutes venaient de s'écouler et le commandant vociféra avec puissance : "Dans moins d'une minute, vous serez à terre. Bonne chance à tous ! Vous connaissez les instructions ! A vous...". Il fut coupé, un obus venait d'atteindre le bateau rempli de soldats, à gauche du leur.

Celui-ci, se désintégra sous l'explosion. Ce qui propulsa loin autour, les soldats qui se trouvaient à bord. Un d'entre eux s'écrasa dans notre transporteur, le corps fut très rapidement mis de côté. Les portes s'ouvraient, le commandant hurla "A l'assaut !". Et tel des moutons de Panurge, nous le suivîmes, les quatre premiers soldats qui s'expulsèrent de l'embarcation tombèrent immédiatement sous le déluge de balles qu'on leur avait infligé. Le soldat, alors, pris son courage par les mains et par les pieds et s'enfonça dans l'eau sur le sol inconnu. Les Britanniques étaient déjà arrivés et on les voyait sur le bord du front. Ils semblaient fortement affaiblis. Comme tout le monde, il se protégeait grâce à de drôles de pylônes croisés en X. Dès que les germaniques rechargeaient leur batterie de balles, le soldat se précipitait un peu plus prêt des alliés en se protégeant toujours par ces édifices d'acier. Quelques uns de ses acolytes tentaient de neutraliser les mitrailleurs à l'aide de leurs fusils longue portée, mais c'était en vain. Les allemands renouvelaient sans cesse leur personnel aux mitrailleuses. Pendant près d'une heure notre soldat avança en travers de la plage pour atteindre les abords des dunes blanches. Il fut l'un des seuls survivants de sa division après cet obstacle spectaculaire. Les mitrailleuses crachaient leurs balles sur ce désert tâché de hauts morceaux en métal. Un médecin soigna notre soldat sommairement. Le combat avait été rude, les corps jonchaient le sol mou par centaines. Le commandant était tombé. Avec une autre équipe, il allait tenter de prendre les deux bunkers, ceux qui lançaient sur ce paysage pittoresque leur pluie de projectiles mortels. Afin de servir son pays et ceux de ses alliés pour l'honneur et la gloire de sa grande patrie, pour l'histoire de l'humanité, il accomplirait avec acharnement sa mission, la mission Overlord, comme l'avait déclaré le haut lieutenant.

(Que le nazisme soit éteint à jamais...)

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Faites-vous plaisir ! Ajoutez un commentaire pour le littéraire. Merci.