"La recherche fugace du temps qui passe." Andy Rankin

mercredi 8 décembre 2010

Le petit bonheur d'une curieuse.

L'installation de Jean dans cette maison basse à l'angle de la rue Lemoine était un vrai bonheur. Pour la première fois depuis que je vivais dans cette ville, j'allai enfin voir de la lumière à travers les carreaux de ces fenêtres noircies par le temps. Cette maison abandonnée, que je n'avais pas hésité à visiter - je suis tellement curieuse, je ne fais pas exprès, c'est toute ma nature cela ! -. 

J'avais parcouru les moindres recoins et avait trouvé de nombreux livres sans propriétaires ! Dans la cave, un tas d'objets méconnaissables, rouillés - la cave était très humide, ça sentait la mort -, je me suis ensuite aventurée dans le salon, un vieux canapé vivait encore et de sa peau déchirée de tous côtés, ses entrailles ne tenaient plus. Il suffisait de tirer un morceau de damas pour que celui-ci s'en aille jusque dans notre main. Tout était rongé, ce n'était plus un canapé, les souris avaient sûrement ici fait leur nid. Dans la cuisine, encore le bouton fonctionnait, j'avais actionné l'antique bouton et une lumière avait jailli de l'ampoule accrochée au plafond par son fil électrique. Un hachoir avait dû vomir beaucoup de viande, il était horriblement sale et lui aussi encore mouillé. Des placards tenaient encore au dessus de la gazinière, du plan de travail et de l'évier. Bien qu'en tentant d'ouvrir un des placard, il resta dans ma main, il n'y avait plus rien - à part, peut-être de la poussière -, j'en ouvris un autre - celui-ci était encore bien celé au bois -, mais des chauves souris jaillirent et s'éparpillèrent dans la pièce pour enfin s'évader en direction du salon. Mon cœur avait fait un bond dans ma poitrine. J'étais alors sortie toute traumatisée et encore choquée par le terrible effet de peur que m'avait procuré ces noires chauves-souris. Finalement, je suis rentrée chez moi bien vite. Et jamais, jamais plus je ne suis revenue dans cette masure, bien que quelques fois l'envie me reprit de la visiter à nouveau, qui savait ? Quel trésors pouvaient s'y cacher ? On m'avait toujours dit de corriger ce défaut de curiosité et de vouloir toujours autant visiter les maisons délaissées. C'était d'ailleurs une des raisons pour lesquelles jamais la campagne ! 

Le mois dernier mon futur voisin, un homme d'une vingtaine d'années, venu de Paris a acheté le terrain et a décidé de rénover l'antique bâtisse. Pour cela, il l'a vidée, là, sur le carreau devant sa porte. Je lui ai demandé si je pouvais fouiller et ma verve du chinage est entrée en action, je suis repartie encore avec de nombreux bibelots et autres brimborions inutiles. Je suis comme ça moi ! Oh ! les beaux Chantilly de j'ai trouvé, les belles ombrelles de dame, cinq canotiers dis-donc ! Et encore des livres, Balzac, Zola, Bossuet, Boileau et Racine, un tome des Mémoires d'outre-tombe de Chateaubriand. J'étais au anges, et encore tous très bien conservés (ils étaient enfermés dans une grande malle en fer qui traînait dans le grenier dont les tuiles laissaient passer une raie de lumière). Voilà Décembre, le temps maussade de Novembre s'est dissipé pour laisser placer au traditionnel bleu du ciel et à notre vénérable soleil. J'en s'installe aux environs du vingt décembre. C'est un gentil bonhomme, très courtois, très respectueux, très poli, très beau... Non ! Me voilà encore entrain de me passionner pour un homme qui tombe sous mon regard ! Assez, je veux rester célibataire.

dimanche 14 novembre 2010

11 Novembre 1918 - Première Partie


Je me réveille soudainement par un éclat d’obus tout près de notre habitation de terre et de boue. Je saute de ma paillasse, récupère mon matériel et sors dehors. Il doit être dans les quatre heures du matin, il fait froid, il fait noir. Les bombardements ont déjà recommencé après cette petite nuit de sommeil. Mes yeux portent des cernes. Je suis là dehors, complètement étourdi. J'entends le sifflement des balles au dessus de la tranchée. Déjà des hommes sont dehors et écoutent la nuit gronder. Je me demande quel jour nous sommes, je ne compte plus le temps. "Quel jour on est Augustin ?
- Sans doute le 11 novembre..."
Je ne sais pas trop, faut que je demande au Commandant, il l'sais lui". Et après quelques secondes, j'eus la confirmation, nous étions le 11 novembre. Un autre obus éclata tout près de moi, Augustin quant à lui sauta et retomba raide mort dans des éclaboussures de sang. Je n'en fus pas dégoûté, je n'ai même pas pleuré. J'en avait tellement vu. Après cette secousse, je décidai de me déplacer, il ne fallait pas rester au même endroit, j'avais peur, comme toujours depuis le début. Une heure s'écoula sans faire de grave dégâts. Toujours aussi noir, mais ça s'éclaircissait.

Henri Lendré

Ce matin là, je venais de m'éveiller tôt. Comme toujours, le facteur m'apportait le journal, tôt le matin, aux alentours de six heures trente. Il était six heures lorsque je quittai mon lit. Puis vivement je versai un peu de lait chaud dans ma tasse et prenai trois madeleines dans la boîte en fer. Puis successivement, je les trempai dans mon lait en attendant le crissement des freins sur les roues du vélo de mon facteur. Ainsi, je l'entendis quelques minutes après. Avant même que je sois sortie, il était entré dans ma maison et s'écrira : "Bon dieu ! La guerre est finie ! L'armistice, signé, SIGNE !", tout en me montrant le gros titre du journal. L'article déclarai :
"Ce matin à 5h12, a été signé dans un wagon se situant dans une futaie de Compiègne (lieu tenu secret par le gouvernement), une armistice entre la France et l'Allemagne imposant le 'Cessez-le-feu' à onze heures précisément dans toutes la France. C'est alors que les allemands seront tenus de respecter les douze points rédigés par le président américain Wilson ainsi que la clause de l'Armistice." Et un peu plus bas : "Vive la République et Vive la France !". L'article était au beau milieu du journal et faisait la Une. Je regardai avec des yeux remplis d'allégresse le facteur et ensemble nous nous embrassâmes pour enfin nous serrer. En sortant, nous chantâmes La Marseillaise. Puis voyant la voisine sortir sur le perron, nous lui apprîmes la nouvelle et elle fut tout à fait aussi jubile que nous. Enfin le facteur s'en alla. Moi et Fernande, restâmes affolées de bonheur à l'annonce de cette nouvelle étourdissante, nous décidâmes alors de la crier aux portes de nos voisines isolées, nous partîmes en vélo toutes heureuses. Je n'avais même pas pensé à consulter les éventuels morts au front entre hier et aujourd'hui.

Simone Lendré

A suivre...

dimanche 17 octobre 2010

Dernières lueurs.

Nous voilà à la fin des beaux jours, le soleil s'estompe et ses lueurs sont fades et jaunies par l'automne, les arbres de dépouillent, les paysages se ternissent peu à peu, le froid revient à grand pas (il ne nous manquait guère) et déjà on observe cette étrange décrépitude de la nature qui rend notre vie morose, morne et triste à la fois et pour arranger le tout, les ménages allument pour la toute première fois de cette fin d'année, après cet été si bon et revigorant dans nos moeurs, la cheminée s'exclame en quelques flammes afin que nos yeux, maintenant si tristes et dénués se chauffent et se souviennent de ce soleil. Le tout puissant est ainsi réincarné dans ces quelques braises d'où s'échappe des langues brûlantes, orange et jaune le tout crépitant et d'où émane une chaleur dont le goût nous avait échappé. Sentez dans l'air la douce fumée mêlée à la soupe de votre diner, respirez cet air si splendide et remplira vos vies les mois prochains. Réintégrez-vous dans ce silence hivernal, dans cette température étouffante propre aux jours courts et aux nuits longues. Cet éloge de la vie de maison en attendant l'hiver est une réalité, il faut s'habituer à cette ambiance de décadence, où le temps ne nous permet plus de nous balader tranquillement sous le soleil après huit heures du soir, de sortir dehors en n'ayant endossé que pour habit, un teeshirt et un short. L'automne nous prépare à l'hiver, nous engraissons notre corps d'étoffes afin de le garder au chaud et d'éviter les morsures du froid. Nous somme lourds par tout ces vêtements et l'air extérieur et aussi lourd que nous-même. Tout semble alors ralentir, nous restons enfermés pendant des jours dans nos masures, terrés tels les ours dans leur nid attendant le renouveau. Notre vie s'organise alors autour de la table, chaque repas pris est comme un moment où chacun se régénère, reprend des forces. D'ailleurs notre ventre réclame plus qu'en été, en effet, ce dernier et comme violenté de crampes par les griffes puissantes et glaçantes des méfaits du terrible froid. Mais malgré tout ces tracas, nous pouvons enfin goûter à nouveau des joies de l'hiver, lire auprès du feu, après une longue journée de travail, dormir plus longtemps pour les adeptes de la grasse matinée, se désaltérer avec un bon chocolat chaud, une tisane ou déguster encore un café dans cette ambiance si douce des soirs d'hiver. Ranger sa maison, passer de longues soirées devant son logiciel de conversation instantanée avec des amis, s'évertuer à faire des crêpes ou encore un beau et gras gâteau au chocolat. Bref, vivre en hiver, c'est aussi vivre autrement durant une période de l'année malgré tous les déboires que peut apporter ces saisons noires et sombres.

Désormais et depuis déjà très longtemps, je décrète qu'il n'y a que les nuits qui se ressemblent. Toujours noires de noires.

dimanche 19 septembre 2010

Le Canard enchaîné en déballe.

C'est au lycée qu'un gros titre m'intrigua puis me fit rire aux larmes avec mes amis. "Ecoutes, sondages anti-roms... visite à Lascaux. SARKO-MAGNON DANS LA GROTTE JUSQU'AU COU !" suivi d'une esquisse satirique bien pensée où l'on observe Nicolas Sarkozy et un spécialiste de la grotte montrant à Sarkozy les fresques d'un autre temps : "Si vous préférez, c'est comme de très vieux tags !" et Nico répond : "Peints par de très anciennes racailles ?". On décèle alors la très large connaissance de Nicolas Sarkozy du monde préhistorique. De plus, outre les consignes de conservation de la grotte enfreintes par le statut trop orgueilleux, le chef de l'état à confondu homme de Néandertal et homme de Cro-Magnon. 

Suivie de Carla, le chef de notre si belle patrie dont l'image jadis si belle est maintenant souillée comme un vulgaire chiffon à que l'on a laissé au bord du lavoir (2012 sera l'heure du nettoyage). Je me suis esclaffé autour de quelques lecteurs enfouis dans du Zola. Un Thérèse Raquin traînait. Et relevant la tête interloqués, retombèrent dans leurs lignes imprimées. Et moi aussi, la sonnerie retentit, sous mon bras, il sortit avec moi. Le lycée me quitta et lui aussi. Je l'écrasa pendant une journée entière entre deux épais cahiers et c'est aujourd'hui que je décidai de le sortir pour enfin le lire. Mais comment un simple journal peut autant me faire rire ? C'est décidé, je le lirais chaque semaine si je peux. Quelle hilarité !

Vive la presse !

mercredi 15 septembre 2010

Une première feuille qui tombe.

Le soleil est encore là, mais déjà la puissance de ses rayons est réduite, l'automne s'annonce. Je sors du bus, devant moi se pose après avoir virevolté au grès du vent une petite feuille toute vérolée de taches, comme roussie. Je la prend, je la tâte, je la garde en la plaçant dans mon veston et mes yeux apeurés par la nouvelle, se posent sur le faîte de l'arbre d'où le poil calciné vient de tomber. Le vent bouleverse mon blouson, je sens les vibrations naturelles passer sur moi. Des filets de vent semblent filer sur le haut de mon visage, caressant doucement mes yeux, chatouillant mon nez et léchant ma bouche. J'avance de quelques pas, mes yeux sont précieux. Je regarde encore ce ciel pourtant bleu encore mais qui ne tardera pas à roussir comme la feuille que je conserve entre quelques effets personnels. Bientôt la pluie et l'air humide vont refaire leur apparition, le temps va changer, les lourds nuages seront le quotidien de la météorologie. Et mes pensées seront mornes, tristes dénuées de toute lumière.

Alors je profite de ces derniers moments en tête à tête avec le soleil, je sens ses premiers adieux, ses premières faiblesses, son coeur brûlant semble s'éloigner de nos contrées et les ravisseurs de sa belle utopie, celle de l'été, semblent revenir à grands-pas.

 Le mystère des saison est encore grand, pourquoi faudrait t-il le déceler et trouver des réponses, l'incompris peu rester merveilleux. Jamais je ne lirais de réponses tenues par quelques personnages indésirables à mon oeil. Laissons le mystère planer, le mythe rester. Laissons des faits inexpliqués pour que leur émerveillement perdure et que leur beauté subsiste. 
Jean Giono est le maître. Le maître de ces écrits bucoliques et flambants de nature vivante. Et sans aucune réponse, il délivre à son lecteur la vivacité de l'herbe, des arbres, des animaux, de ces collines provençales et de l'isolement des travailleurs de la terre pourvus de mains calleuses par leur labeur, des paysans enivrés par la luxuriante récompense de la Nourricière, par le goût authentique et subtile du bon pain campagnard français. Et lorsque ces gens, bien décidés à vivre le jour le jour, en éternels amoureux avec la nature, de leur nez, entendent le pas brutal de l'hiver suivant le sabot un peu plus léger de l'autonome. Alors c'est l'heure de changer les choses de modifier les moeurs pour s'adapter à la nouvelle saison. Plus les jours avancent et plus le rendez-vous approche.

dimanche 5 septembre 2010

Rentrée 1868

Faisant suite à "L'ouvrier du Second Empire". 

Albert et Anatole rentraient respectivement dans une classe supérieure. Nous étions fin Août 1868, l'école reprenait bientôt et pendant tout l'été les récoltes avaient été bonnes dans l'exploitation de l'infâme patron. St Ray revivait, on entendait peu à peu les cloches de l'église se manifester après la cohue des personnalités du Faubourg Saint-Germain qu'avait subi le petit village, comme souillé. La mère et le père s'étaient cotisés et avaient réuni une très généreuse somme afin d'acheter à leurs enfants les fournitures nécessaires ainsi que des billets de train pour partir non loin de Paris faire ces quelques achats. Un dimanche matin donc, très tôt, Madame, dont ses yeux fatigués dessinaient autour d'eux des fissures sur la peau et de profonds cernes, était accompagné de Monsieur qui à eux d'eux tenaient par leur main travailleuse leurs progénitures.. C'était là le portrait typique d'une belle famille. Les parents allaient choisir les objets qu'avaient besoin leur enfants. Toutes leurs économies qu'ils avaient amassées allaient se dissoudre en quelques temps, en un temps très court en fait, le moment d'une journée. Ils se rendirent donc à Paris, devant des boutiques. Il allèrent dans une librairie afin de se procurer des cahiers, quelques plumes à bas-prix et des encriers modestes. Ensuite il s'en retournèrent chez eux après avoir liquidé leur porte-monnaie en offrant gracieusement des sucreries aux enfants. Le père était un peu agacé par ce dernier achat qu'il jugeait d'inutile. La mère un peu soumise s'en résolu et promis à son mari de ne plus faire cette impasse désormais prohibée. Il rentrèrent tard, le lendemain le père ouvrier travaillait et les enfants reprenaient l'école. La nuit fut longue dans la petite chaumière, le plus petit de leur fils Anatole pleurait sans cesse accusant quelque mauvais cauchemars. Sa mère se levât de nombreuses fois pour aller le rassurer et la nuit ne fut pas tranquille. L'aube surgissait quand la mère se leva maladroitement et allait préparer une légère collation à son mari et à ses enfants. Il se levèrent encore plus minablement. Les petits étaient encore très fatigués et leurs yeux leurs piquaient et n'arrivaient pas à les ouvrir à cause de la lumière matinale. Le père, habitué, fut éveillé en moins de cinq minutes et partit rapidement au travail chez l'Infâme. Tandis que la mère se préparait pour emmener les enfants à leur rentrée dans leur petite école communale. Elle endossa les mêmes étoffes qu'elle avait porté la veille, elle ressemblait à un vraie bourgeoise qui s'habillait avec goût, une belle indienne parée de dentelles et qui flamboyait d'un vert pâle mais doux au regard. Sur sa tête elle posa un léger chapeau à la mode et se dota d'un Chantilly. Les enfants furent tout aussi beaux et tenaient sur eux des vêtements unis et bleus pâles. Des petits sabots décrottés et nettoyés dans tous les recoins. Après le déjeuner, ils étaient prêts à partir. Il refermèrent la petite chaumière et quittèrent leur terrain à pas feutrés comme si laissaient la petite masure dormir encore. Ils trouvèrent le chemin de St Rey et arrivèrent devant l'école ou un de petits groupes s'étaient formés. Les petits garçons jouaient déjà aux osselets et aux billes d'un côté et de l'autre, les filles s'exerçaient à la marelle et à la corde à sauter. Les deux sexes bien séparés par un haut mur noirci par le temps. L'horloge sonnait et l'école semblait luire par le soleil qui l'éclairait faiblement. La mère voyait en cette école un avenir meilleur pour ces deux enfants. Elle les voyaient déjà avocats, lettrés gagnant un salaire bien supérieur au leur avec une vie de rêve. L'école était son dernier recours elle l'a chérissait de tout son être. Elle fit alors deux gros baisers sur les deux belles joues qui se présentaient à elle et quitta ses deux petits. Sur la route elle pleura toutes ses larmes et fit fondre sa tristesse sur ses beaux habits. Elle espérait tant pour ses deux. Dans ses yeux mouillés et larmoyants, on voyait l'envie, la joie et l'avenir... Le ciel était pur.




mercredi 25 août 2010

Entrée

L'humeur est là. La rentrée scolaire approche et les bonnes vieilles habitudes réapparaissent. Les préparatifs sont déjà avancés, l'excitation progresse. La rentrée est pour bientôt ! Fini les temps de farniente au soleil et les jours de rien à faire. Tout va s'illuminer, tout va reprendre, l'activité va redémarrer comme une grande machine que l'on a laissée éteinte pendant un bonne époque. Ce rythme si sain qui nous enseigne notre avenir, qui nous guide. Cette rentrée annonce la fin de la pause au bord du paisible chemin qui mène au Bac. Les yeux pétillants, je plonge dans cet engouement.

dimanche 22 août 2010

Mes honneurs de simple collégien

Quatre heures du matin viennent de sonner, depuis déjà un quart d'heure je cogite seul dans mon lit de mon avenir, incertain ou pas, mon futur métier dans le domaine de la littérature est encore flou. Puis j'ai repensé à ces petits mots que j'avais écrit à mes professeurs l'an passé, juste avant mon Brevet des collèges, j'ai revu la lettre réponse de ma prof d'anglais datée du quatre septembre deux mille neuf, je me suis remémoré les instants où, juste avant la partie Histoire/Géographie de mon brevet, on m'avait recommandé vivement de voir ma prof d'Histoire/Géo justement, à la fin de l'épeuve. J'étais donc sorti de cette salle de permanence qui puait la sueur du dur labeur. Un professeur de technologie m'avait exhorté à me rendre jusqu'à l'endroit où se trouvait cette grande dame, que j'admire de tout mon petit-être, une femme amoureuse de sa matière et qui avait su donner le goût d'apprendre notre passé à ses élèves. Les personnes que j'admire sont nombreuses mais la manière dont je regardais cette femme était belle et bien différente, elle dégageait, non pas de l'orgueil, mais le sentiment prompt d'une personne qui en réalité ne fait qu'effectuer son travail du mieux qu'elle peut. Je m'étais donc rendu à l'administration où elle rangeait les copies du Brevet avec ma professeure de technologie. Lorsque celle-ci m'entrevit, elle poussa un petit cri de joie qui m'a beaucoup ému à l'époque et qui m'émeut encore aujourd'hui. Je me sentais considéré, j'étais quelqu'un de différent de toute cette marmaille d'élèves qui crachaient à la figure des profs leurs ignominies et insanités les plus affreuses et leurs exécrations atteignaient parfois des sommets. Je me suis aussi rappelé le moment où ma mère et moi, nous nous rendions au Centre de Documentation et d'Information du collège afin de nous délivrer des livres qui m'avaient instruits tout au long de l'année. La documentaliste, avec laquelle j'avais collaboré durant de longues heures à écrire des masses d'articles, ma vive ambition pour voir enfin le site internet du collège arborer une allure à tout rompre, mes fantaisies, tout les souvenirs que nous avions partagés se retrouvèrent imbu de chaudes larmes qui lui coulaient lentement sur les joues légèrement teintées de rose de cette gardienne des livres. J'eus un coup au coeur, la voir pleurer me fit chavirer. Moi, petit être, petit élève bien éphémère, j'avais troublé les sentiments d'une professeure ? Comment était-ce possible ? J'eus beaucoup de remords, et j'eus quelques spasmes de regrets même. J'aurais préféré rester plus longtemps avec cette personne qui semblait me chérir pour l'engouement que je portais aux activités du CDI. Mais ma mère me pressait, j'avais rendez-vous je ne sais plus où, c'était un premier juillet, le ciel était d'un bleu comme l'on n'en voit que très rarement dans notre province et le soleil et l'air étaient déjà étouffants lorsque, sur la pendule des pions, j'aperçus les deux aiguilles de l'horloge alignés sur le douze. C'est à partir de ce jour que ma vie a prit un autre cours, a radicalement changée, je voulais un avenir glorieux, la recherche du bonheur était en marche, et le petit être allait devenir grand.

vendredi 20 août 2010

Ode à l'été

L'été, un moment de liberté pour se défouler dans l'ivresse de la chaleur qui nous atteint. Une émission de télé-réalité sur la deuxième chaîne. Des soirées en famille, avec les cousins et cousines, les souvenirs qui s'accumulent sous le soleil crépusculaire, la cendre fine de Zola. Un livre à la main assis sur une chilienne, lunettes de soleil genre années soixante-dix revenues à la mode sur le nez, en train de déchiffrer chaque mot inscrit sur la papier blanc d'un livre d'un certain âge. L'herbe piquante et calcinée contrastée par celle bien verte et grasse du bord de la piscine. Des plongeons en pagaille, des cris et des éclaboussures sur le plancher de bois. Des vacances semblables à de vrais contes de fées. Les sorties entre amis dans la ville, les flâneries et les délires amassés. Des photos et des vidéos pour des instants ainsi immortalisés. Des sourires, des cris, de la joie. Des peaux bronzées, du soleil, encore et encore, du sable fin, de l'air frais, le vent qui souffle au dessus de notre tête dénudée. Nos vêtements légers qui manquent presque de tomber sous le triomphe impartial de l'été. Chaque moment n'est que tendresse, tout deviens clair, les maladies sont loin, le train-train quotidien est loin, les rêves envahissent nos têtes et la chaleur nous assassine. Chaque être à son propre cliché de cette vie estivale, certains travaillent dur pendant des journées chaudes, d'autres se baladent au bord d'un lac qui miroite de mille points brillant le temps d'un millième de seconde. L'été est la source d'un nouveau départ, chaque âme qui vive reprend des force pour subir les assauts cruels de l'hiver. Parfois, cette vie tranquille et ce bonheur sont malheureusement troublés et les tourments reprennent leurs quartiers, mais souvent, ce n'est pas le cas.

Profitez juste des moments qui vous sont si tendrement alloués, pensez à faire l'impasse sur des choses que vous faites pendant toutes l'année, changez vos habitudes, aimez cette été flamboyant. Chérissez-le au plus profond de votre coeur. L'été est comme l'étoile qui illumine les cieux ténébreux, les autres saisons ne sont que pénombre et pleurs.

Vivez.

jeudi 19 août 2010

Pensées lointaines

Je suis tombé amoureux d'une fille. Une petite française qui venait ici, chez moi. Dans mon pauvre pays. Moi polonais et elle en France, si loin de mes yeux, si loin de mon souffle. Ses yeux si tendres, son sourire éclatant, ses pommettes luxuriantes, sa joie à tout rompre. Tout est loin, j'ai l'impression que sa présence m'a fait sorti de la pénombre. Pour fêter le court instant de vie que nous avons passé ensemble je lui ai interprété ce que je connaissais le plus de la culture française. Une chanteuse, si célèbre là-bas, dans ce pays qui m'est pourtant tant inconnu, la môme à la voie de rocaille, l'interprète par excellence, la braillarde de la rue, la crieuse de bars, l'animatrice de scène. Excentrique, mais des chansons si trempées de sentiments, de joie, de pleurs, d'émotions. Cela m'émeut à chaque fois, lorsque sur la toile je regarde ses vidéos, ses gestes, son timbre magnifique... Je lui est chanté du mieux que je pouvais, pour que cet instant magique où j'étais assis à côté de ce petit être tout chaud, pour gonfler d'amour ce moment si prompt, si court. Les vacances sont terminées, mais je pense encore à elle. La distance me tue, ma vie semble prendre le chemin de l'hiver glacial et je retourne dans l'obscurité. Elle est la flamme de ma vie. Mais le sait-elle ? Voilà ma plus grande crainte, sait-elle que je l'aime ? Est-ce réciproque ? Ma petite tête n'en sait rien et ces réponses restent sans voix. Mais grâce à la mondialisation de cette planète, certains génies ont réussi à pourvoir la population en réseaux géants qui les lie. C'est cela qui est merveilleux. J'ai donc traîné sur Facebook, à la recherche de son aura, de ses phrases tapées au clavier. Elle m'a parlé et chez moi, la lumière s'est rallumée, l'abîme s'est ravivé, les braises étant pourtant sèches et froides depuis l'hiver dernier. Je l'aime et rien n'arrêtera se manège de bonheur.

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Déjà revenu chez moi, dans cette maison périgourdine qui m'héberge déjà assez. Pourquoi je me suis épris de ce garçon ? Est-ce à cause de sa voix de velour, de ses traits suaves, de ses yeux doux, de sa bouche délicate. L'envie de l'embrasser me hante. Pourquoi ai-je succombé comme cela ? C'est tétanisant. Mes parents dorment profondément. Voilà une coupure de courant. La maison s'est éteinte comme une flamme que l'on étouffe. Ma chambre et noire. J'essaye de m'endormir mais très vite, je me relève sur mon lit, yeux grands ouverts et je repense à lui. A cet échange, ses regards et sa chanson. Moi qui n'aimais pas trop Edith, je m'amende, je ne me refuserais pas d'écouter cette cantatrice. Voilà comment tient notre amour, sur cette chanson, sur la vie en Rose, celle de Paris, celle qui représente la France. Mes yeux se perdent devant ce noir envahissant. Je pleure, un an, il faudra attendre tout ce temps pour espérer revoir son visage, le toucher et peut-être lui voler un baiser, le temps d'un petit bonheur. Je suis la femme de l'accordéoniste, à défaut que mon amour à moi est loin d'être un soldat. Non, non, lui c'est un bel adolescent, un polonais magique. Mais pourquoi tomber amoureux de personnes si écartées, si éloignées ? la distance me tue. Je veux le revoir. La lumière se rallume par à coups, puis l'intensité adéquate reparaît. Précipitamment, je m'empresse d'allumer l'ordinateur ! Peut-être est-il là ? Suis-je sotte ! Ici, minuit, là-bas, il est bien plus tard, aucune chance de le trouver sur le réseau à cette heure. Je retombe sur mon lit après avoir exécuté une légère pirouette pour éteindre cette mécanique qui ronfle, mes yeux se perdent dans les lueurs jaunes du plafond blanc. Ma chambre est en complet réaménagement, les papiers peints jonchent le sol. J'allume la radio, et par enchantement, la divine mélodie langoureusement love des années quatre-vingt, True, coule dans mes oreilles comme un véritable festin, je ferme les yeux comme pour la déguster et c'est la voix de Ballet qui m'emporte. "Pam, Pam, Pam, Paaaaaaam, Pam" attise mon sommeil... Je prends sa photo entre mes mains moites et la porte jusqu'à mon cœur et dans cette position, j'expire doucement pour que les tambours de la nuit scellent mon âme et dessinent mes rêves.