Quatre heures du matin viennent de sonner, depuis déjà un quart d'heure je cogite seul dans mon lit de mon avenir, incertain ou pas, mon futur métier dans le domaine de la littérature est encore flou. Puis j'ai repensé à ces petits mots que j'avais écrit à mes professeurs l'an passé, juste avant mon Brevet des collèges, j'ai revu la lettre réponse de ma prof d'anglais datée du quatre septembre deux mille neuf, je me suis remémoré les instants où, juste avant la partie Histoire/Géographie de mon brevet, on m'avait recommandé vivement de voir ma prof d'Histoire/Géo justement, à la fin de l'épeuve. J'étais donc sorti de cette salle de permanence qui puait la sueur du dur labeur. Un professeur de technologie m'avait exhorté à me rendre jusqu'à l'endroit où se trouvait cette grande dame, que j'admire de tout mon petit-être, une femme amoureuse de sa matière et qui avait su donner le goût d'apprendre notre passé à ses élèves. Les personnes que j'admire sont nombreuses mais la manière dont je regardais cette femme était belle et bien différente, elle dégageait, non pas de l'orgueil, mais le sentiment prompt d'une personne qui en réalité ne fait qu'effectuer son travail du mieux qu'elle peut.
Je m'étais donc rendu à l'administration où elle rangeait les copies du Brevet avec ma professeure de technologie. Lorsque celle-ci m'entrevit, elle poussa un petit cri de joie qui m'a beaucoup ému à l'époque et qui m'émeut encore aujourd'hui. Je me sentais considéré, j'étais quelqu'un de différent de toute cette marmaille d'élèves qui crachaient à la figure des profs leurs ignominies et insanités les plus affreuses et leurs exécrations atteignaient parfois des sommets. Je me suis aussi rappelé le moment où ma mère et moi, nous nous rendions au Centre de Documentation et d'Information du collège afin de nous délivrer des livres qui m'avaient instruits tout au long de l'année. La documentaliste, avec laquelle j'avais collaboré durant de longues heures à écrire des masses d'articles, ma vive ambition pour voir enfin le site internet du collège arborer une allure à tout rompre, mes fantaisies, tout les souvenirs que nous avions partagés se retrouvèrent imbu de chaudes larmes qui lui coulaient lentement sur les joues légèrement teintées de rose de cette gardienne des livres. J'eus un coup au coeur, la voir pleurer me fit chavirer. Moi, petit être, petit élève bien éphémère, j'avais troublé les sentiments d'une professeure ? Comment était-ce possible ? J'eus beaucoup de remords, et j'eus quelques spasmes de regrets même. J'aurais préféré rester plus longtemps avec cette personne qui semblait me chérir pour l'engouement que je portais aux activités du CDI. Mais ma mère me pressait, j'avais rendez-vous je ne sais plus où, c'était un premier juillet, le ciel était d'un bleu comme l'on n'en voit que très rarement dans notre province et le soleil et l'air étaient déjà étouffants lorsque, sur la pendule des pions, j'aperçus les deux aiguilles de l'horloge alignés sur le douze. C'est à partir de ce jour que ma vie a prit un autre cours, a radicalement changée, je voulais un avenir glorieux, la recherche du bonheur était en marche, et le petit être allait devenir grand.
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