"La recherche fugace du temps qui passe." Andy Rankin

mercredi 15 septembre 2010

Une première feuille qui tombe.

Le soleil est encore là, mais déjà la puissance de ses rayons est réduite, l'automne s'annonce. Je sors du bus, devant moi se pose après avoir virevolté au grès du vent une petite feuille toute vérolée de taches, comme roussie. Je la prend, je la tâte, je la garde en la plaçant dans mon veston et mes yeux apeurés par la nouvelle, se posent sur le faîte de l'arbre d'où le poil calciné vient de tomber. Le vent bouleverse mon blouson, je sens les vibrations naturelles passer sur moi. Des filets de vent semblent filer sur le haut de mon visage, caressant doucement mes yeux, chatouillant mon nez et léchant ma bouche. J'avance de quelques pas, mes yeux sont précieux. Je regarde encore ce ciel pourtant bleu encore mais qui ne tardera pas à roussir comme la feuille que je conserve entre quelques effets personnels. Bientôt la pluie et l'air humide vont refaire leur apparition, le temps va changer, les lourds nuages seront le quotidien de la météorologie. Et mes pensées seront mornes, tristes dénuées de toute lumière.

Alors je profite de ces derniers moments en tête à tête avec le soleil, je sens ses premiers adieux, ses premières faiblesses, son coeur brûlant semble s'éloigner de nos contrées et les ravisseurs de sa belle utopie, celle de l'été, semblent revenir à grands-pas.

 Le mystère des saison est encore grand, pourquoi faudrait t-il le déceler et trouver des réponses, l'incompris peu rester merveilleux. Jamais je ne lirais de réponses tenues par quelques personnages indésirables à mon oeil. Laissons le mystère planer, le mythe rester. Laissons des faits inexpliqués pour que leur émerveillement perdure et que leur beauté subsiste. 
Jean Giono est le maître. Le maître de ces écrits bucoliques et flambants de nature vivante. Et sans aucune réponse, il délivre à son lecteur la vivacité de l'herbe, des arbres, des animaux, de ces collines provençales et de l'isolement des travailleurs de la terre pourvus de mains calleuses par leur labeur, des paysans enivrés par la luxuriante récompense de la Nourricière, par le goût authentique et subtile du bon pain campagnard français. Et lorsque ces gens, bien décidés à vivre le jour le jour, en éternels amoureux avec la nature, de leur nez, entendent le pas brutal de l'hiver suivant le sabot un peu plus léger de l'autonome. Alors c'est l'heure de changer les choses de modifier les moeurs pour s'adapter à la nouvelle saison. Plus les jours avancent et plus le rendez-vous approche.

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