"La recherche fugace du temps qui passe." Andy Rankin

samedi 12 février 2011

Par ma fenêtre à guillotine.

Dehors, la nuit est noire. Ma petite bougie garde la pièce comme éveillée. Je reste assis à ma table, devant cette morne fenêtre en bois, qui colorée par les lueurs chatoyantes qui, elles, se mouvent par quelque effets d'air, j'entrevois un homme. Il se rend à l'église. Le suivent une fille, ou une jeune femme, non... deux femmes, une plus jeune que l'autre. Tous trois s'enferment dans l'église. Je ne m'y fie pas, je les laisse passer sous mes yeux sans que ma curiosité ne fasse irruption.

Je décide de me coucher, je souffle la chandelle qui a perdu la moitié de sa taille. Au loin j'entends le sifflement aigu du train de minuit trente qui traverse à toute vitesse l'immense étendue de la campagne. Il est temps de dormir. Seul dans ma chambre, on m'a laissé. Ma mère est prise d'un sommeil profond depuis déjà longtemps, son embrassade me manque déjà. Cette fois-ci, je me suis couché à une heure tardive. 

Le hululement d'une chouette m'effraye, je ferme promptement ma fenêtre à guillotine. Mais charmé par la nuit noire, éclairée par la pleine lune, je rouvre cette fenêtre et m'accoudant à elle, j'écoute les bruits de cette nuit d'été. Voilà longtemps que la neige a quitté ces contrées. Et pourtant je me rappelle encore de cette nuit... J'avais vu un feu au loin dans une forêt,  un bosquet qui me paraissait si loin. Sitôt, qu'au matin même, je m'y étais rendu croyant voir les cendres du feu que j'avais aperçu tantôt. Mais rien, plus de forêt, seul un tapis blanc de neige était là répandu. J'avais rêvé.

Alors cette nuit d'été, je ne savais plus si je dormais où si je vivais vraiment, j'essayais de revoir cette lueur, ce feu qui m'avait tant fait frémir de curiosité. Mais cette nuit là rien ne parût, juste ces trois personnes qui avaient courues. 

Mais déjà le matin se levait, des lueurs rosâtres s'étalaient en une fine ligne à l'horizon, créant un joli dégradé avec le haut du ciel qui, lui, avait conservé sa couleur, ce noir si profond qui parfois nous joue des tours, nous tourmente, qui crée l'illusion.

Ce matin, je me suis réveillé au sol, je ne sais encore pourquoi, seul le livre que j'avais lu la veille avait disparu, dans mon esprit, le titre et l'auteur avaient été effacés, je ne me souvenais de rien, seulement que j'avais lu ce livre, un livre, mais lequel ? J'espérai seulement que la nuit prochaine allait me le révéler. Et encore, je dormirai tard.

lundi 7 février 2011

Les braves désillusions d'une âme échouée.

Le nombre fatidique venait de tomber. Mon sang se glaça, je pris mon courage à deux mains mais peu de temps après avoir passé le chambranle de la porte de cours accompagné d'un "Aurevoir Madame" un tantinet timide, je comptai à mon amie mes inquiétudes et je me formais des questions oratoires sans réponses.

Moi et mon amie, nous nous rendîmes au centre de documentation et d'information afin de travailler sur notre prochain exposé. Elle me parlai, je n'écoutais pas, je regardai dans le vide. Puis tout d'un coup je revenais de mes misérables songes. J'étais aussi misérable que la réécriture des Misérables que j'avais produite. Quelle tristesse pour moi que d'avoir atteint un nouveau seuil. Moi qui pendant tant de jours je me sentais confiant, joyeux, prêt à tout vaincre, voici la massue qui était tombée sur mon pauvre crâne d'enfant chétif. Tant d'efforts, tant de travail, tant de pressions anéantis.

Finalement, je partis, je quittai mon amie et je me dirigeai vers la sortie du lycée. Dehors l'air était pur, et pour la première fois de l'année, il faisait doux. Le ciel était bleu d'une limpide transparence, sur les bâtiments face au lycée, miroitait le saint soleil avec extase dans des tons jaunes-orangés à la surface des pierres calcaires des hautes masures. Un léger bruit de deux oiseaux qui gazouillaient, une rapide hirondelle qui passai : ce contexte ne s'accordait en rien à mon humeur.

Ivre d'impuissance, je préférais me dérober sur le pavé en marchant, la note tapant violemment sur le haut du crâne, je marchai sous les reflets luxuriants du soleil qui tantôt faisaient briller et jaunissait mon manteau noir, tantôt mes chaussures, tantôt mon pantalon, mais jamais ma tête, comme si par quelque fortuite affaire, le soleil avait décidé de me cacher sa lumière. 

Dans ma tête tout était pénombre, et rien n'était vrai, le flou m'envahissait comme l'angoisse vous anéanti même avant d'avoir pu commencer quelconque devoir. Jamais plus, jamais plus cette note ne devait être réinscrite, jamais, je m'en faisais le serment solennel. 

Le soir, dans ma chambre noire, je ne pouvais voir, la faute commise, l'injustice de ce choix qui m'avait perdu. Je voulais me vitupérer de ce sombre accroc. Comme pour m'en punir, je décidai de lire, lire sans jamais m'arrêter, je préférais jeûner plutôt que d'arrêter ma lecture. Même les passages qui auraient été plaisants à lire ne me faisaient plus rire. Mes yeux tenaient une expression morne, ma bouche restait sèche et droite, tout mon visage était plongé dans une eau solide, opaque, profonde et impénétrable.
Ce soir là, je ne savais si je pourrais continuer comme ça. et souvent, je me remettais en question : "Qu'est ce que je vaux à continuer comme ça ? Que fais-je dans cette filière ?". Je ne savais plus si cette dernière question relevait de la paranoïa ou du simple malêtre d'une nouvelle si cruciale et importante pour moi.

Telles sont les conséquences néfastes d'une personne qui met toujours la barre trop haute et qui espère, en quelques mouvements de crayon, atteindre le faîte de la réussite.

dimanche 16 janvier 2011

Une nouvelle année.

Le souffle quasi normal de Janvier, lorsque les mois renaissent et que le soleil reparaît que l'angoisse d'un temps précieux recommence. Je me laissai transporter comme d'habitude vers les plates bandes de mon lycée, sorte d'usine où les ouvriers sortent et rentrent en cours suivant scrupuleusement un protocole attribué au début de leur année scolaire. Le travail prime tous ceux qui suent moralement. Encore des heures qui passent sans s'arrêter. C'est le temps qui nous donne l'espoir de vivre en paix. Le soleil et la pluie s'enchaînent comme si de rien n'était. La vie frappe du pied sur le carreau déjà bien poli de la ville. Le ciel est gris et bleu, la lune rythme nos nuits ténébreuses qui commencent aux alentours des vêpres.

Chacun essaye de vivre, découvre de nouvelles occupations, en poursuivent d'autres, les renouvellent. Chacun tente de remplir le temps qui lui est accordé.  Chacun vit comme il peut, comme il veut. Je regardais cette populace qui se mouvait avec palpitation dans ce pauvre chef-lieu de département, qui l'hiver donne envie de pleurer mais qui au printemps exhale de toute sa force, de toute sa puissance ces odeurs qui nous rendent complètements ivres de vivre correctement. Certains travaillent dur encore sous l'arrivée des beaux-jours. Ces ouvriers que l'on oublie mais qui chaque jour suent pour concevoir notre avenir. Nous, nous qui travaillons avec nos têtes, nous nous jetons à la suite de ces travaux manuels, nous usons leurs conceptions.

mardi 28 décembre 2010

Saint Christ.

Au pied du sapin, tel était le livre que je tenais entre mes mains lorsque je lisais quelque contes de Noël aux portes des maisons, après avoir chanté. Ce soir là les rues de Londres étaient noires... de monde, beaucoup de jeunes gens avaient revêtus leurs habits d'hiver. Certains parents se promenaient dans les rues pour assister à ce tohu-bohu exceptionnel. Les enfants se précipitaient par petits groupes coiffés des bonnets ou de casquettes sur le perron des maisons, un des leurs frappaient et avec célérité, prenaient leurs petits livres de chants. Ensuite les occupants de la maison ouvraient la porte et se postaient ainsi devant les enfants, délectant ainsi leurs douces voix. Certains, généreux, leurs donnaient une collation, des bonbons, de l'argent parfois !  Tous donnaient quelque chose en réalité, c'était tellement festif les vingt-quatre décembre au soir et comme c'était la tradition, les gens se laissaient faire et préféraient rire d'être dérangés tant la douce voix des enfants étaient affable et mielleuse. Des cris, de la joie, des illuminations aussi, des sapins devant les maisons, des décorations partout, voilà dans quoi pataugeait tout ce petit monde, frappant du pied le dur pavé de la bonne vieille Angleterre.

Le ciel, lui, scintillait de toutes parts, les étoiles miroitaient dans le ciel limpide de cette nuit où le frimas prenait le corps et ainsi faisait rougir le visage et le bout des doigts et du nez des petits enfants.

mercredi 8 décembre 2010

Le petit bonheur d'une curieuse.

L'installation de Jean dans cette maison basse à l'angle de la rue Lemoine était un vrai bonheur. Pour la première fois depuis que je vivais dans cette ville, j'allai enfin voir de la lumière à travers les carreaux de ces fenêtres noircies par le temps. Cette maison abandonnée, que je n'avais pas hésité à visiter - je suis tellement curieuse, je ne fais pas exprès, c'est toute ma nature cela ! -. 

J'avais parcouru les moindres recoins et avait trouvé de nombreux livres sans propriétaires ! Dans la cave, un tas d'objets méconnaissables, rouillés - la cave était très humide, ça sentait la mort -, je me suis ensuite aventurée dans le salon, un vieux canapé vivait encore et de sa peau déchirée de tous côtés, ses entrailles ne tenaient plus. Il suffisait de tirer un morceau de damas pour que celui-ci s'en aille jusque dans notre main. Tout était rongé, ce n'était plus un canapé, les souris avaient sûrement ici fait leur nid. Dans la cuisine, encore le bouton fonctionnait, j'avais actionné l'antique bouton et une lumière avait jailli de l'ampoule accrochée au plafond par son fil électrique. Un hachoir avait dû vomir beaucoup de viande, il était horriblement sale et lui aussi encore mouillé. Des placards tenaient encore au dessus de la gazinière, du plan de travail et de l'évier. Bien qu'en tentant d'ouvrir un des placard, il resta dans ma main, il n'y avait plus rien - à part, peut-être de la poussière -, j'en ouvris un autre - celui-ci était encore bien celé au bois -, mais des chauves souris jaillirent et s'éparpillèrent dans la pièce pour enfin s'évader en direction du salon. Mon cœur avait fait un bond dans ma poitrine. J'étais alors sortie toute traumatisée et encore choquée par le terrible effet de peur que m'avait procuré ces noires chauves-souris. Finalement, je suis rentrée chez moi bien vite. Et jamais, jamais plus je ne suis revenue dans cette masure, bien que quelques fois l'envie me reprit de la visiter à nouveau, qui savait ? Quel trésors pouvaient s'y cacher ? On m'avait toujours dit de corriger ce défaut de curiosité et de vouloir toujours autant visiter les maisons délaissées. C'était d'ailleurs une des raisons pour lesquelles jamais la campagne ! 

Le mois dernier mon futur voisin, un homme d'une vingtaine d'années, venu de Paris a acheté le terrain et a décidé de rénover l'antique bâtisse. Pour cela, il l'a vidée, là, sur le carreau devant sa porte. Je lui ai demandé si je pouvais fouiller et ma verve du chinage est entrée en action, je suis repartie encore avec de nombreux bibelots et autres brimborions inutiles. Je suis comme ça moi ! Oh ! les beaux Chantilly de j'ai trouvé, les belles ombrelles de dame, cinq canotiers dis-donc ! Et encore des livres, Balzac, Zola, Bossuet, Boileau et Racine, un tome des Mémoires d'outre-tombe de Chateaubriand. J'étais au anges, et encore tous très bien conservés (ils étaient enfermés dans une grande malle en fer qui traînait dans le grenier dont les tuiles laissaient passer une raie de lumière). Voilà Décembre, le temps maussade de Novembre s'est dissipé pour laisser placer au traditionnel bleu du ciel et à notre vénérable soleil. J'en s'installe aux environs du vingt décembre. C'est un gentil bonhomme, très courtois, très respectueux, très poli, très beau... Non ! Me voilà encore entrain de me passionner pour un homme qui tombe sous mon regard ! Assez, je veux rester célibataire.

dimanche 14 novembre 2010

11 Novembre 1918 - Première Partie


Je me réveille soudainement par un éclat d’obus tout près de notre habitation de terre et de boue. Je saute de ma paillasse, récupère mon matériel et sors dehors. Il doit être dans les quatre heures du matin, il fait froid, il fait noir. Les bombardements ont déjà recommencé après cette petite nuit de sommeil. Mes yeux portent des cernes. Je suis là dehors, complètement étourdi. J'entends le sifflement des balles au dessus de la tranchée. Déjà des hommes sont dehors et écoutent la nuit gronder. Je me demande quel jour nous sommes, je ne compte plus le temps. "Quel jour on est Augustin ?
- Sans doute le 11 novembre..."
Je ne sais pas trop, faut que je demande au Commandant, il l'sais lui". Et après quelques secondes, j'eus la confirmation, nous étions le 11 novembre. Un autre obus éclata tout près de moi, Augustin quant à lui sauta et retomba raide mort dans des éclaboussures de sang. Je n'en fus pas dégoûté, je n'ai même pas pleuré. J'en avait tellement vu. Après cette secousse, je décidai de me déplacer, il ne fallait pas rester au même endroit, j'avais peur, comme toujours depuis le début. Une heure s'écoula sans faire de grave dégâts. Toujours aussi noir, mais ça s'éclaircissait.

Henri Lendré

Ce matin là, je venais de m'éveiller tôt. Comme toujours, le facteur m'apportait le journal, tôt le matin, aux alentours de six heures trente. Il était six heures lorsque je quittai mon lit. Puis vivement je versai un peu de lait chaud dans ma tasse et prenai trois madeleines dans la boîte en fer. Puis successivement, je les trempai dans mon lait en attendant le crissement des freins sur les roues du vélo de mon facteur. Ainsi, je l'entendis quelques minutes après. Avant même que je sois sortie, il était entré dans ma maison et s'écrira : "Bon dieu ! La guerre est finie ! L'armistice, signé, SIGNE !", tout en me montrant le gros titre du journal. L'article déclarai :
"Ce matin à 5h12, a été signé dans un wagon se situant dans une futaie de Compiègne (lieu tenu secret par le gouvernement), une armistice entre la France et l'Allemagne imposant le 'Cessez-le-feu' à onze heures précisément dans toutes la France. C'est alors que les allemands seront tenus de respecter les douze points rédigés par le président américain Wilson ainsi que la clause de l'Armistice." Et un peu plus bas : "Vive la République et Vive la France !". L'article était au beau milieu du journal et faisait la Une. Je regardai avec des yeux remplis d'allégresse le facteur et ensemble nous nous embrassâmes pour enfin nous serrer. En sortant, nous chantâmes La Marseillaise. Puis voyant la voisine sortir sur le perron, nous lui apprîmes la nouvelle et elle fut tout à fait aussi jubile que nous. Enfin le facteur s'en alla. Moi et Fernande, restâmes affolées de bonheur à l'annonce de cette nouvelle étourdissante, nous décidâmes alors de la crier aux portes de nos voisines isolées, nous partîmes en vélo toutes heureuses. Je n'avais même pas pensé à consulter les éventuels morts au front entre hier et aujourd'hui.

Simone Lendré

A suivre...

dimanche 17 octobre 2010

Dernières lueurs.

Nous voilà à la fin des beaux jours, le soleil s'estompe et ses lueurs sont fades et jaunies par l'automne, les arbres de dépouillent, les paysages se ternissent peu à peu, le froid revient à grand pas (il ne nous manquait guère) et déjà on observe cette étrange décrépitude de la nature qui rend notre vie morose, morne et triste à la fois et pour arranger le tout, les ménages allument pour la toute première fois de cette fin d'année, après cet été si bon et revigorant dans nos moeurs, la cheminée s'exclame en quelques flammes afin que nos yeux, maintenant si tristes et dénués se chauffent et se souviennent de ce soleil. Le tout puissant est ainsi réincarné dans ces quelques braises d'où s'échappe des langues brûlantes, orange et jaune le tout crépitant et d'où émane une chaleur dont le goût nous avait échappé. Sentez dans l'air la douce fumée mêlée à la soupe de votre diner, respirez cet air si splendide et remplira vos vies les mois prochains. Réintégrez-vous dans ce silence hivernal, dans cette température étouffante propre aux jours courts et aux nuits longues. Cet éloge de la vie de maison en attendant l'hiver est une réalité, il faut s'habituer à cette ambiance de décadence, où le temps ne nous permet plus de nous balader tranquillement sous le soleil après huit heures du soir, de sortir dehors en n'ayant endossé que pour habit, un teeshirt et un short. L'automne nous prépare à l'hiver, nous engraissons notre corps d'étoffes afin de le garder au chaud et d'éviter les morsures du froid. Nous somme lourds par tout ces vêtements et l'air extérieur et aussi lourd que nous-même. Tout semble alors ralentir, nous restons enfermés pendant des jours dans nos masures, terrés tels les ours dans leur nid attendant le renouveau. Notre vie s'organise alors autour de la table, chaque repas pris est comme un moment où chacun se régénère, reprend des forces. D'ailleurs notre ventre réclame plus qu'en été, en effet, ce dernier et comme violenté de crampes par les griffes puissantes et glaçantes des méfaits du terrible froid. Mais malgré tout ces tracas, nous pouvons enfin goûter à nouveau des joies de l'hiver, lire auprès du feu, après une longue journée de travail, dormir plus longtemps pour les adeptes de la grasse matinée, se désaltérer avec un bon chocolat chaud, une tisane ou déguster encore un café dans cette ambiance si douce des soirs d'hiver. Ranger sa maison, passer de longues soirées devant son logiciel de conversation instantanée avec des amis, s'évertuer à faire des crêpes ou encore un beau et gras gâteau au chocolat. Bref, vivre en hiver, c'est aussi vivre autrement durant une période de l'année malgré tous les déboires que peut apporter ces saisons noires et sombres.

Désormais et depuis déjà très longtemps, je décrète qu'il n'y a que les nuits qui se ressemblent. Toujours noires de noires.

dimanche 19 septembre 2010

Le Canard enchaîné en déballe.

C'est au lycée qu'un gros titre m'intrigua puis me fit rire aux larmes avec mes amis. "Ecoutes, sondages anti-roms... visite à Lascaux. SARKO-MAGNON DANS LA GROTTE JUSQU'AU COU !" suivi d'une esquisse satirique bien pensée où l'on observe Nicolas Sarkozy et un spécialiste de la grotte montrant à Sarkozy les fresques d'un autre temps : "Si vous préférez, c'est comme de très vieux tags !" et Nico répond : "Peints par de très anciennes racailles ?". On décèle alors la très large connaissance de Nicolas Sarkozy du monde préhistorique. De plus, outre les consignes de conservation de la grotte enfreintes par le statut trop orgueilleux, le chef de l'état à confondu homme de Néandertal et homme de Cro-Magnon. 

Suivie de Carla, le chef de notre si belle patrie dont l'image jadis si belle est maintenant souillée comme un vulgaire chiffon à que l'on a laissé au bord du lavoir (2012 sera l'heure du nettoyage). Je me suis esclaffé autour de quelques lecteurs enfouis dans du Zola. Un Thérèse Raquin traînait. Et relevant la tête interloqués, retombèrent dans leurs lignes imprimées. Et moi aussi, la sonnerie retentit, sous mon bras, il sortit avec moi. Le lycée me quitta et lui aussi. Je l'écrasa pendant une journée entière entre deux épais cahiers et c'est aujourd'hui que je décidai de le sortir pour enfin le lire. Mais comment un simple journal peut autant me faire rire ? C'est décidé, je le lirais chaque semaine si je peux. Quelle hilarité !

Vive la presse !

mercredi 15 septembre 2010

Une première feuille qui tombe.

Le soleil est encore là, mais déjà la puissance de ses rayons est réduite, l'automne s'annonce. Je sors du bus, devant moi se pose après avoir virevolté au grès du vent une petite feuille toute vérolée de taches, comme roussie. Je la prend, je la tâte, je la garde en la plaçant dans mon veston et mes yeux apeurés par la nouvelle, se posent sur le faîte de l'arbre d'où le poil calciné vient de tomber. Le vent bouleverse mon blouson, je sens les vibrations naturelles passer sur moi. Des filets de vent semblent filer sur le haut de mon visage, caressant doucement mes yeux, chatouillant mon nez et léchant ma bouche. J'avance de quelques pas, mes yeux sont précieux. Je regarde encore ce ciel pourtant bleu encore mais qui ne tardera pas à roussir comme la feuille que je conserve entre quelques effets personnels. Bientôt la pluie et l'air humide vont refaire leur apparition, le temps va changer, les lourds nuages seront le quotidien de la météorologie. Et mes pensées seront mornes, tristes dénuées de toute lumière.

Alors je profite de ces derniers moments en tête à tête avec le soleil, je sens ses premiers adieux, ses premières faiblesses, son coeur brûlant semble s'éloigner de nos contrées et les ravisseurs de sa belle utopie, celle de l'été, semblent revenir à grands-pas.

 Le mystère des saison est encore grand, pourquoi faudrait t-il le déceler et trouver des réponses, l'incompris peu rester merveilleux. Jamais je ne lirais de réponses tenues par quelques personnages indésirables à mon oeil. Laissons le mystère planer, le mythe rester. Laissons des faits inexpliqués pour que leur émerveillement perdure et que leur beauté subsiste. 
Jean Giono est le maître. Le maître de ces écrits bucoliques et flambants de nature vivante. Et sans aucune réponse, il délivre à son lecteur la vivacité de l'herbe, des arbres, des animaux, de ces collines provençales et de l'isolement des travailleurs de la terre pourvus de mains calleuses par leur labeur, des paysans enivrés par la luxuriante récompense de la Nourricière, par le goût authentique et subtile du bon pain campagnard français. Et lorsque ces gens, bien décidés à vivre le jour le jour, en éternels amoureux avec la nature, de leur nez, entendent le pas brutal de l'hiver suivant le sabot un peu plus léger de l'autonome. Alors c'est l'heure de changer les choses de modifier les moeurs pour s'adapter à la nouvelle saison. Plus les jours avancent et plus le rendez-vous approche.

dimanche 5 septembre 2010

Rentrée 1868

Faisant suite à "L'ouvrier du Second Empire". 

Albert et Anatole rentraient respectivement dans une classe supérieure. Nous étions fin Août 1868, l'école reprenait bientôt et pendant tout l'été les récoltes avaient été bonnes dans l'exploitation de l'infâme patron. St Ray revivait, on entendait peu à peu les cloches de l'église se manifester après la cohue des personnalités du Faubourg Saint-Germain qu'avait subi le petit village, comme souillé. La mère et le père s'étaient cotisés et avaient réuni une très généreuse somme afin d'acheter à leurs enfants les fournitures nécessaires ainsi que des billets de train pour partir non loin de Paris faire ces quelques achats. Un dimanche matin donc, très tôt, Madame, dont ses yeux fatigués dessinaient autour d'eux des fissures sur la peau et de profonds cernes, était accompagné de Monsieur qui à eux d'eux tenaient par leur main travailleuse leurs progénitures.. C'était là le portrait typique d'une belle famille. Les parents allaient choisir les objets qu'avaient besoin leur enfants. Toutes leurs économies qu'ils avaient amassées allaient se dissoudre en quelques temps, en un temps très court en fait, le moment d'une journée. Ils se rendirent donc à Paris, devant des boutiques. Il allèrent dans une librairie afin de se procurer des cahiers, quelques plumes à bas-prix et des encriers modestes. Ensuite il s'en retournèrent chez eux après avoir liquidé leur porte-monnaie en offrant gracieusement des sucreries aux enfants. Le père était un peu agacé par ce dernier achat qu'il jugeait d'inutile. La mère un peu soumise s'en résolu et promis à son mari de ne plus faire cette impasse désormais prohibée. Il rentrèrent tard, le lendemain le père ouvrier travaillait et les enfants reprenaient l'école. La nuit fut longue dans la petite chaumière, le plus petit de leur fils Anatole pleurait sans cesse accusant quelque mauvais cauchemars. Sa mère se levât de nombreuses fois pour aller le rassurer et la nuit ne fut pas tranquille. L'aube surgissait quand la mère se leva maladroitement et allait préparer une légère collation à son mari et à ses enfants. Il se levèrent encore plus minablement. Les petits étaient encore très fatigués et leurs yeux leurs piquaient et n'arrivaient pas à les ouvrir à cause de la lumière matinale. Le père, habitué, fut éveillé en moins de cinq minutes et partit rapidement au travail chez l'Infâme. Tandis que la mère se préparait pour emmener les enfants à leur rentrée dans leur petite école communale. Elle endossa les mêmes étoffes qu'elle avait porté la veille, elle ressemblait à un vraie bourgeoise qui s'habillait avec goût, une belle indienne parée de dentelles et qui flamboyait d'un vert pâle mais doux au regard. Sur sa tête elle posa un léger chapeau à la mode et se dota d'un Chantilly. Les enfants furent tout aussi beaux et tenaient sur eux des vêtements unis et bleus pâles. Des petits sabots décrottés et nettoyés dans tous les recoins. Après le déjeuner, ils étaient prêts à partir. Il refermèrent la petite chaumière et quittèrent leur terrain à pas feutrés comme si laissaient la petite masure dormir encore. Ils trouvèrent le chemin de St Rey et arrivèrent devant l'école ou un de petits groupes s'étaient formés. Les petits garçons jouaient déjà aux osselets et aux billes d'un côté et de l'autre, les filles s'exerçaient à la marelle et à la corde à sauter. Les deux sexes bien séparés par un haut mur noirci par le temps. L'horloge sonnait et l'école semblait luire par le soleil qui l'éclairait faiblement. La mère voyait en cette école un avenir meilleur pour ces deux enfants. Elle les voyaient déjà avocats, lettrés gagnant un salaire bien supérieur au leur avec une vie de rêve. L'école était son dernier recours elle l'a chérissait de tout son être. Elle fit alors deux gros baisers sur les deux belles joues qui se présentaient à elle et quitta ses deux petits. Sur la route elle pleura toutes ses larmes et fit fondre sa tristesse sur ses beaux habits. Elle espérait tant pour ses deux. Dans ses yeux mouillés et larmoyants, on voyait l'envie, la joie et l'avenir... Le ciel était pur.